Exposition dans l'église Saint-Pierre de Firminy
3 juillet 2026 — 17 janvier 2027
Du 3 juillet 2026 au 17 janvier 2027, le Site Le Corbusier de Firminy devient le théâtre d’une expérience immersive : SOLAIRE, une odyssée sensible. Pour célébrer les 10 ans du classement UNESCO et les 20 ans de l’église Saint-Pierre, Döppel Studio (Lionel Dinis Salazar et Jonathan Omar) signe une carte blanche où le cycle solaire devient le moteur d’une réactivation de la pensée corbuséenne.
Le gnomon : de l’instrument de mesure au signe architectural
Au centre du projet se déploie une figure archétypale : le gnomon. Cet instrument scientifique archaïque, simple tige verticale mesurant le temps par la projection d’ombres, est ici réinterprété comme une colonne totémique en céramique. Le gnomon dépasse sa fonction mathématique pour devenir un dispositif sensible. Il agit comme un médiateur technologique capable de traduire l’immatériel — la lumière, le temps, les cycles — en une expérience physique pour le visiteur.
Une traversée sensorielle en trois temps
L’exposition propose une lecture multidimensionnelle du temps à travers des dispositifs qui transforment le béton brut en une surface vivante :
- Le temps condensé (église Saint-Pierre) : un parcours immersif en six étapes simule un « jour cosmique » complet. De l’éveil (aube et aurore) aux teintes bleutées jusqu’au mystère de la nuit, les totems diffusent lumière, brume et sons, offrant une métamorphose accélérée de l’espace intérieur.
- Le temps réel (Maison de la Culture) : l’expérience devient participative avec l’installation de « l’homme gnomon ». Devant la Maison de la Culture, le visiteur utilise son propre corps comme aiguille d’un cadran solaire géant pour habiter l’espace et prendre conscience de la course réelle du soleil.
- Le temps nocturne : en écho à l’installation, une mise en lumière spécifique de l’Unité d’Habitation réalisée par le studio Rich et l’artiste Bruno Peinado en 2020 prolonge la réflexion après le crépuscule, offrant une vision onirique des toits-terrasses.
La science du design : de la maquette à l’espace
L’exposition ne se limite pas à la perception ; elle dévoile également sa propre ingénierie. Une salle pédagogique expose le processus de création, des moules en plâtre aux maquettes d’étude, révélant la complexité technique nécessaire pour « introduire le soleil », ce que Le Corbusier considérait comme le devoir impératif de l’architecte.
SOLAIRE est une odyssée qui relie l’humain au cosmos, transformant une visite patrimoniale en une observation physique et poétique des lois de l’univers. En transformant le béton brut en une surface vivante, Döppel Studio nous rappelle que « introduire le soleil est le plus impératif devoir de l’architecte ».